Aller au contenu principal

Construire sa maison autonome soi-même

Miniatuurvoorbeeld

Rudy Overheyden (64 ans), de Warnant, partage le même rêve. La différence, c'est qu'il l'a réalisé. Voici son histoire.

Pourquoi avez-vous opté pour une maison autonome ? Il est pourtant beaucoup plus facile et meilleur marché de construire un logement traditionnel...

Rudy Overheyden : C'est vrai, mais en tant que bricoleur passionné, j'aime les défis. Je ne m'amuserais pas autant avec un logement « traditionnel ». En plus, je voulais absolument une maison durable à tous points de vue. Les bâtiments habituels ne mettent pas assez en valeur les matériaux bio et les nouvelles technologies. Mais je dois quand même admettre que combiner une consommation d'énergie rationnelle et des matériaux durables relevait de l'exploit. Il ne faut pas non plus oublier que je voulais utiliser autant que possible des produits locaux. Comme je vous le disais : j'aime les défis...

 

Par où commence-t-on une maison autonome ? Cela demande beaucoup de connaissances et de savoir-faire, non ?

R.O. : Oui, bien sûr. Quiconque envisage de construire une maison passive ou un logement peu énergivore doit avant tout avoir le sens du détail. Dans un bâtiment habituel, on attache peu d'importance à l'environnement. On se contente trop souvent d'un toit au-dessus de sa tête, la durabilité vient au second plan. Personnellement, je m’intéresse, depuis 1996 déjà, aux énergies et techniques de construction alternatives. Le savoir que j'ai accumulé ces 20 dernières années m'a bien servi. Mais je peux parfaitement comprendre que, pour beaucoup de gens, construire un logement durable est loin d’être évident. Ne vous méprenez pas : il m'a fallu dix ans pour développer un projet qui tenait vraiment debout. Tout doit être mûrement réfléchi : l'aspect environnemental, le volet énergétique, mais aussi la construction elle-même et l'approvisionnement en énergie et en eau.

 

Ce n'était pas un frein d'être seul dans votre projet ?

R.O. : Non, au contraire. Quand on fait tout de ses propres mains, on reste maître de son projet. Comme ça, on est sûr d'atteindre les objectifs que l'on vise. Si l'on surveille tout en permanence, le risque de vice caché est inexistant.

 

Combien de temps ont duré les travaux ?

R.O. : Après la pose des fondations, deux ans. Évidemment, il y a certaines choses que je ne pouvais pas faire tout seul. J'ai reçu de l'aide de professionnels du domaine pour l’ossature, les fenêtres, le toit et les panneaux photovoltaïques. Honnêtement, c'était un travail de longue haleine pour quelqu'un de plus de soixante ans !

 

Quels matériaux et techniques avez-vous utilisés ?

R.O. : Il y en a trop pour tous les citer ! Pour commencer, l’ossature est un mélange d’épicéa et de Douglas local. Pour l'isolation, nous avons utilisé de la laine de chanvre, mais aussi des blocs de chanvre et du verre cellulaire. Les murs sont enduits d'argile et de plâtre-chaux. Ensuite, j'ai été très attentif à la production électrique. En plus des panneaux photovoltaïques, je possède des batteries, trois onduleurs-chargeurs (380 v) et un petit groupe électrogène pour les jours d'hiver peu ensoleillés. Un poêle à pellets de 12 kW maintient facilement ma maison à 20°C, même par -15° à l’extérieur. Pas mal quand on sait que le volume total est de 1080 mètres cubes. J'ai également deux toilettes sèches. Je récupère l'eau de pluie dans deux citernes en béton de 10 000 litres chacun. Mieux encore : grâce au filtre céramique, je peux même boire l'eau récoltée. Enfin, je recycle les eaux usées grâce à des étangs de lagunage. Ainsi je ne suis pas raccordé aux égouts.

 

Qu'en est-il du confort de vie ? Il ne fait pas trop froid en hiver ou trop chaud en été ?

R.O. : Les conditions de vie sont optimales et satisfont aux normes les plus strictes. Les variations de température sont limitées tout au long de l'année, entre autres grâce aux protections solaires fixées sur les façades sud et ouest de la maison. Un « airco » naturel apporte de l'air frais : l'air est refroidi dans la cave (c'est le principe du puit provençal). Résultat : la température reste agréable, même pendant les chaudes journées d'été.

 

Vous ressentez une différence par rapport à un logement habituel ?

R.O. : Oui ! L'étanchéité à l'air et le contrôle des mouvements d'air dans le bâtiment permettent d'éviter les courants d'air intempestifs. L'inertie thermique ainsi que la perspirance (possibilité de migration de la vapeur) des blocs chaux-chanvre et de l'argile garantissent une stabilité de la température et une régulation hydrique (taux d'humidité) optimales.

Pendant la phase de conception, on est parti de l'idée qu’il fallait pouvoir ouvrir grand les fenêtres quand on en ressentait le besoin. Nous ne voulions pas avoir l'impression de respirer au travers d’un schnorkel, comme dans un sous-marin. Le résultat est très réussi.

 

Peut-on vous demander combien a coûté la maison ?

R.O. : La maison n'est pas encore tout à fait terminée, mais je pense qu'à la réception, on aura atteint une facture d’environ 300 000 euros (pour un bâtiment de 360 M² habitable​). Petite précision : ce montant comprend les heures de travail mais pas le prix du terrain. Gardez à l'esprit que je n'ai jamais voulu construire une vraie maison passive mais plutôt un bâtiment à énergie positive. Il est donc logique que les matériaux utilisés soient un peu plus chers que ceux des constructions classiques. D'un autre côté, construire sa maison soi-même permet de faire de grosses économies.

 

Parlons économies, justement : votre facture énergétique est-elle moins salée qu'avant ?

R.O. : Je ne me suis pas encore posé la question. Mais d'après mes estimations, le surcoût devrait être récupéré en deux ans. Personnellement, je trouve que ce n'est pas un mauvais investissement, surtout quand on voit le taux d'intérêt que proposent les banques actuellement...

 

Avez-vous des conseils à donner à ceux qui veulent construire un logement autonome ou une maison passive eux-mêmes ?

R.O. : Oh oui : tout un tas ! Personnellement, je ne suis pas fan des maisons passives parce qu'il faut pouvoir accepter de tout le temps garder les fenêtres et les portes fermées... Quoi qu’il en soit, si vous envisagez de construire une maison durable, passez d'abord en revue tous les paramètres. Il faut absolument commencer votre projet par une analyse détaillée. Vous pourrez ainsi planifier plus efficacement votre travail, ce qui vous garantira un meilleur résultat final.

 

Vous trouvez qu'une maison autonome va trop loin et opteriez plutôt pour un look « naturel » ? Envisagez un mur végétal

Beau, écologique, antistress ?

Le mur végétal

Restez au courant !

Recevez nos promotions, concours et conseils personnalisés

 
Vous êtes maintenant inscrit à notre newsletter Une erreur est survenue, merci de réessayer